L ’estampe

au travers de

la « Grande vague » d’Hokusai !

Les estampes japonaises, ou gravures sur bois,
ont connu leur apogée durant l’ère Édo (1603-1868)
et sont devenues des images populaires bon marché.

Leur nom japonais ukiyo-e (浮世絵)
ou « images du monde flottant »
fait référence au goût de l’époque :

les plaisirs populaires des « quartiers réservés »,
et la nature…

L’estampe japonaise est toujours réalisée
à partir de blocs de bois gravés.
La technique de l’estampe japonaise
s’appelle donc  » gravure sur bois  » ou  » xylographie « .

Un processus en 3 étapes

Pour réaliser La Grande Vague,

Hokusai fait appel aux techniques habituelles :

l’estampe ukiyo-e.

Une estampe est une image imprimée sur papier.

Le tirage peut être en noir et blanc
ou coloré,
indépendant
ou illustrant des livres.

Une estampe est réalisée en trois grandes étapes :

le dessinateur réalise un modèle
que le graveur reproduit sur une plaque de bois
puis l’imprimeur se charge de la dupliquer.

Le dessin :
Le dessinateur peint un motif ou une composition
à l’encre de chine sur un papier très fin.
Ce dessin original sera détruit lors de l’étape du report
sur la planche de bois :

la planche est encollée,
et le dessin appliqué face sur le bois
(la gravure se fait donc à l’envers).

La gravure :
Le dessin est détouré d’un trait continu
à l’aide d’outils tranchants frappés avec un maillet.
Le graveur a la liberté de traiter les détails des textures
(chevelure, écailles, feuillages…)
comme il le souhaite.
Le bois est régulièrement humidifié
pour ne pas se déformer.

L’impression :
Elle s’effectue sur du papier de fibre végétale
dont la composition détermine la qualité.

Le papier en fibre de mûrier
mêlé à de la colle végétale,
très souple, absorbe bien les couleurs.

L’impression de base est réalisée à l’encre ;
les impressions polychromes sont obtenues
avec une planche par couleur,
laquelle planche ne porte en gravure
que les parties concernées par cette couleur.

Des encoches repères permettent
de poser le papier toujours à la même place.

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Technique de l’estampe

1. La feuille de papier est collée sur la planche
2. Les lignes de contour sont gravées
en relief à l’aide d’un petit couteau
3. A l’aide d’une gouge et d’un maillet,
le graveur évide la surface
autour des lignes de contour du dessin
4. La planche principale (omohan)
représentant le dessin complet gravé est prête
5. Les pigments sont étalés sur la planche
à l’aide d’une brosse
6. La feuille de papier est posée sur la planche
en fonction de l’emplacement de l’encoche (kentô)
7. C’est en frottant le papier à l’aide du baren
que l’on fait pénétrer les pigments
8. L’estampe est ainsi imprimée,
couleur par couleur
(le graveur grave autant de planches qu’il y aura de couleurs ),
planche par planche….

Selon la tradition,

 

La Grande Vague a été imprimée en huit passages :

 

Les contours du dessin et les surfaces teintées au bleu de Prusse,

surfaces qui paraissent par contraste presque noires,

puis le jaune léger des barques,

le jaune du ciel,

le dégradé gris clair du ciel
et le gris des barques.

Venaient ensuite les zones bleu clair,

puis d’un bleu plus dense.

Enfin l’estampe était achevée

avec le noir du ciel et du pont d’une des barques.

Lors de chaque opération, la crête des vagues, l’écume, les visages des marins, et les neiges du Fuji, restaient en réserve, ce qui leur confère le blanc éclatant du papier d’origine.

 

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La grande Vague – HOKUSAI

Ainsi, avec trois pigments

(noir, jaune et bleu),

HOKUSAI

réalise une image colorée et contrastée

 

Magnifique 

Pour aller plus loin sur HOKUSAI peintre Japonais

Une édition originale mais pas une œuvre unique :

il n’y a pas d’« œuvre originale unique »,
mais une édition originale
correspondant aux tirages effectués
avant que l’usure du bois des diverses planches
utilisées donne des traits moins nets
et des repères de couleurs moins fiables,
ce qui pouvait représenter de l’ordre
de trois cents estampes.

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